SantéRèglesPourquoi les protections hygiéniques devraient être gratuites ?

Pourquoi les protections hygiéniques devraient être gratuites ?

On parle de plus en plus de la précarité menstruelle. Pourtant, l’accès aux protections périodiques reste un véritable problème pour des milliers de femmes et de jeunes filles. Pourquoi les protections hygiéniques devraient être gratuites ? Verrons-nous un jour la généralisation de la gratuité des tampons et serviettes hygiéniques pour les femmes en France ?

Qu’est-ce que la précarité menstruelle ?

La précarité menstruelle touche beaucoup de femmes et surtout les jeunes femmes et les étudiantes. C’est un fait, aujourd’hui elles sont nombreuses à ne pas pouvoir s’acheter de protection hygiénique. 10 % des étudiantes déclarent devoir se passer de serviettes ou de tampons hygiéniques et 13 % des femmes avouent devoir faire un choix entre produits de première nécessité et protections menstruelles.

Outre l’inconfort qui résulte de cette précarité, la pauvreté entraîne en plus de graves problèmes d’hygiène intime et de santé. En cherchant à économiser, les femmes gardent leur protection périodique bien trop longtemps, ce qui peut provoquer un syndrome de choc toxique.

Le syndrome qui peut être mortel est dû à la stagnation du sang dans le vagin. Le sang stagnant devient alors un terrain très favorable à la bactérie Staphylococcus aureus. Celle-ci va proliférer et produire une toxine responsable du syndrome du choc toxique.

Chaque jour dans le monde entier, certaines femmes ne peuvent pas aller étudier, travailler, sortir, tout simplement parce qu’elles n’ont leurs règles.

Chaque jour des femmes risquent leur vie parce qu’elles doivent choisir entre manger ou se protéger…

Voilà ce qu’est la précarité menstruelle et voilà pourquoi les protections hygiéniques devraient être gratuites !

À quand les protections hygiéniques gratuites ?

Hors de France, l’Écosse a été le précurseur du mouvement avec, dès 2018, la fourniture de protections hygiéniques gratuites à près de 400 000 femmes. Deux ans plus tard, la mesure a pris de l’ampleur et aujourd’hui, toutes les femmes ont accès à la gratuité des protections dans tous les lieux publics.

Cependant, les pouvoirs publics français sont souvent réticents quand il s’agit d’une affaire de femmes. On l’a vu d’ailleurs avec la difficile adoption de la baisse de la TVA sur les serviettes et les tampons périodiques en 2015.

Même si la gratuité des protections menstruelles devrait être un enjeu de santé publique, l’État français traîne des pieds, surtout sur un sujet aussi tabou que celui des menstruations !

Pourtant, entre les tampons jetables, les serviettes menstruelles, les dépenses liées aux produits d’hygiène s’élèvent à 3 000 € dans la vie d’une femme. Ajoutez à cela les frais de sous-vêtements, de draps, de médicaments antidouleur, etc., et vous imaginez à quel point le budget de nombreuses femmes peut en être impacté !

Gratuité des protections périodiques pour les étudiantes

Avec la crise sanitaire et la hausse des prix dans tous les secteurs, le gouvernement a tout de même pris en compte la grande précarité des étudiantes.

Depuis début 2022, des distributeurs ont commencé à être mis en place dans les lieux culturels et les piscines. Suivront bientôt les universités et les écoles. Certaines villes françaises ont déjà pris les devants, comme Nantes où la ville s’est fixé pour objectif l’installation de 200 distributeurs d’ici 2023.

Les protections hygiéniques gratuites proposées sont de qualité et en coton bio, sans perturbateurs endocriniens, ni produits chimiques. Mais le tout jetable a un coût aussi bien pour la planète que pour les dépenses publiques.

Alors, à quand les culottes menstruelles ou les coupes menstruelles accessibles à toutes gratuitement ? Leur coût d’investissement est bien sûr plus important, mais ces protections sont réutilisables et l’argent dépensé serait très vite amorti !

Pour conclure : les protections gratuites pour toutes ne sont pas encore à l’ordre du jour en France. Mais, gardons espoir, il en sera peut-être ainsi un jour dans l’espace public comme pour le papier-toilette, et pourquoi pas avec des protections lavables (culotte et coupe menstruelle), voire même des maillots de bain menstruel !