Le défibrillateur pour sauver des vies

SantéLe défibrillateur pour sauver des vies

Selon certaines études, en cas d’arrêt cardiaque, il est capital d’intervenir dans les quatre minutes qui suivent. Au-delà de ce délai, il est généralement trop tard pour la victime. Or, malgré toutes leurs bonnes volontés, il est parfois difficile pour les secours d’arriver à temps. Pour éviter cela, il est recommandé d’appliquer une défibrillation à une personne se trouvant dans une situation critique en attendant les soins médicaux.

Encore connue sous le nom de choc électrique externe, la défibrillation permet de délivrer un courant électrique au niveau du cœur afin de le faire repartir normalement. Il s’agit d’un geste dont la mise en œuvre se fait par l’intermédiaire d’un défibrillateur. Nous vous détaillons ici le fonctionnement de ce type d’appareil, les différents modèles qui existent ainsi que les gestes de premiers secours à connaître.

Principe de fonctionnement d’un défibrillateur

Le défibrillateur est un appareil conçu généralement pour être mobile et fonctionnant sur batterie. Il est constitué de deux parties principales. La première est le bloc électrique. Ce dernier a essentiellement pour but de délivrer un courant électrique à partir duquel il est possible de réanimer le cœur de la personne à secourir. Le courant en question est calibré automatiquement en fonction du niveau de battement du cœur afin de lui apporter une solution adaptée. Les paramètres pris en compte dans le calibrage sont la durée, la forme et l’intensité.

La seconde partie du défibrillateur est le moyen par lequel se transmet l’impulsion électrique à la personne à secourir. Généralement, celui-ci prend la forme de deux électrodes larges et plates sur lesquelles est recouvert un gel conducteur.

Celui-ci permet de coller plus facilement les électrodes sur certaines parties du corps de la personne à réanimer afin de lui offrir une défibrillation efficace. Soulignons qu’il est possible d’acheter un défibrillateur conçu spécialement pour être utilisé avec les enfants. Ce modèle est muni d’électrodes pédiatriques qui sont plus petites que les électrodes classiques et qui délivrent une impulsion électrique réduite.

Dans son fonctionnement, le défibrillateur est capable de réaliser trois actions bien distinctes. La première est celle qui consiste à guider la personne jouant le rôle du secouriste de la victime d’arrêt cardio-respiratoire. Ce travail de guide peut se faire soit à l’aide d’instructions vocales ou visuelles.

défibrillateur

La deuxième action est l’analyse de l’activité cardiaque de la victime et la troisième est l’administration du choc électrique externe en bonne et due forme. Ces deux dernières actions sont beaucoup liées.

Grâce à l’analyse de l’activité cardiaque, la machine détermine l’état de santé réel de la cible avant d’évaluer le type de réponse à administrer. Ce n’est qu’à la suite de cela que le défibrillateur déterminera si oui ou non il faut tenter de faire repartir l’activité cardiaque de la victime.

Par ailleurs, il faut souligner que selon les recommandations de l’ERC, l’application d’une réanimation cardiaque respiratoire (RCP) doit toujours se faire dans les règles de l’art avec l’intervention d’un défibrillateur ou non. La RCP peut accompagner une défibrillation, mais uniquement si celle-ci est bien faite.

Pour qu’une RCP soit considérée comme étant de très bonne qualité, celle-ci doit atteindre une profondeur de 5 cm à un rythme d’au moins 100 compressions par minute. Mais attention, la profondeur ne doit jamais dépasser les 6 cm.

Ce n’est qu’avec ces conditions qu’une RCP peut permettre au cœur de repartir de plus belle. Cette indication concerne certains modèles de défibrillateurs. Si vous n’êtes pas capable d’administrer une RCP efficace, il vaut mieux appeler les secours en urgence et faire la défibrillation par la suite.

Dans quels cas peut-on se servir d’un défibrillateur ?

Le défibrillateur est donc un appareil qui permet de réaliser une réanimation cardio-pulmonaire. Vous ne pouvez donc en faire usage seulement sur une personne qui est victime d’arrêt cardio-pulmonaire. Mais il faut déjà savoir ce qu’est réellement un arrêt cardio-pulmonaire et en connaître les signes.

L’arrêt cardiaque se définit simplement comme étant un arrêt brutal et accidentel du cœur. Dans la plupart des cas, il est dû à une cause cardiovasculaire comme l’infarctus du myocarde. Nous parlons de l’infarctus du myocarde lorsqu’une personne voit les contractions des ventricules de son cœur devenir rapides, irrégulières ou inefficaces.

L’arrêt cardiaque peut également intervenir à la suite d’une noyade, d’une électrisation, d’une intoxication, d’une hypothermie, d’une overdose ou d’une insuffisance respiratoire aiguë. Ces différentes situations peuvent perturber le fonctionnement normal du cœur. Le sang ne circule tout simplement plus. Cela empêche certains organes du corps comme le cœur et le cerveau d’être alimentés en oxygène.

Le cerveau peut en quelques minutes encaisser de très gros dégâts qui laissent de graves séquelles irréversibles. Dans le pire des cas, l’arrêt cardiaque conduit tout simplement à la mort. Comme nous l’avons déjà dit plus haut, la défibrillation et le massage sont des questions de vie ou de mort. Ils doivent être appliqués rapidement pour faire battre le cœur de la victime dans les instants qui suivent l’arrêt.

Pour intervenir très rapidement, il faut être en mesure de détecter les signes d’une crise ou d’un arrêt cardiaque. Il faut donc faire attention aux signes suivants :

  • une douleur à la poitrine accompagnée de sensations de serrement ;
  • une douleur irradiante qui donne l’impression de s’étendre ;
  • des essoufflements anormaux sans aucun signe d’exercice physique ;
  • une sudation importante et une pâleur non justifiées ;
  • des nausées et des vomissements ;
  • une peur ou une anxiété subite.

Il faut souligner que ces signes ne sont pas la preuve systématique d’un arrêt cardiaque. Vous devez garder en tête ces signes avant-coureurs au cas où une personne s’effondre ou vient s’effondrer de façon brutale devant vous. À partir de ce moment, vous pouvez être en face d’un cas d’arrêt cardiaque.

Vous devez d’abord vous assurer qu’il n’existe aucun autre danger immédiat pour la victime que l’arrêt cardiaque identifié. Il faut par la suite identifier la présence ou l’absence de signes de vie chez celle-ci. Cette étape consiste essentiellement à vérifier si la victime est toujours consciente et si sa respiration s’est arrêtée.

Une personne qui est inconsciente est incapable de vous répondre lorsque vous lui parlez. Elle ne pourra également pas serrer votre main lorsque vous lui demandez. Pour ce qui est de la respiration, il faut voir si le ventre et la poitrine de la personne continuent à se soulever. Pour plus de certitudes, vous pouvez vérifier s’il y a une absence de mouvements en ayant sa main posée sur son ventre.

Si une personne qui vient de s’effondrer se retrouve inconsciente avec une respiration arrêtée, alors il s’agit d’un arrêt cardiaque. Vous devez faire usage du défibrillateur dans les plus brefs délais.

défibrillateur

Quel est le coût d’un défibrillateur ?

Le prix d’achat d’un défibrillateur varie d’un fabricant à un autre et d’un modèle à un autre. Généralement, un appareil de ce type coûte en moyenne 1700 euros. La fourchette de prix d’un défibrillateur automatique va de 1 200 euros pour le moins cher à 2 200 euros pour le plus cher. En ce qui concerne les défibrillateurs semi-automatiques, ils coûtent entre 900 euros et 2 100 euros.

Mais attention, le coût d’un défibrillateur ne se limite pas seulement à son prix d’achat. Il faut également tenir compte des consommables et des accessoires permettant un fonctionnement optimal de la machine. Ceux-ci peuvent coûter jusqu’à 800 euros pour certains modèles de défibrillateur.

Pour finir, il faut dire qu’il est également possible d’opter pour la location de défibrillateur. Il faut pour cela débourser en moyenne 150 euros par mois.

Quels sont les différents types de défibrillateurs existants ?

Il existe essentiellement deux types de défibrillateurs classiques : le défibrillateur entièrement automatique (DEA) et le défibrillateur semi-automatique (DSA).

Le DEA est un modèle de défibrillateur qui est conçu pour administrer automatiquement le choc électrique à la victime. Il est vendu sans la présence d’un bouton « choc » et se destine en priorité aux personnes n’ayant pas une bonne connaissance des gestes de premiers secours.

Toutefois, celui-ci est également recommandé aux personnes ayant des notions de survie, mais qui n’ont pas vraiment d’expérience. Cela permet d’éviter les gestes d’hésitation et les situations stressantes qui peuvent empêcher d’être efficace dans l’administration du choc.

Pire, si la personne n’est pas habituée à l’appareil de réanimation cardiaque, elle peut beaucoup hésiter en l’utilisant. Alors que chaque seconde perdue est une seconde de trop pour la victime. Le DEA est conçu pour éviter tout cela.

Dès qu’il est mis en marche, la machine donne des instructions sur la manière de placer efficacement les électrodes. Elle fait par la suite les analyses suffisantes pour détecter le besoin ou non d’administrer un choc électrique. Pour finir, le DEA envoie lui-même le choc en ayant au préalable prévenu tout le monde de s’éloigner de la victime.

Le DSA de son côté n’envoie pas le choc électrique tant qu’une personne n’a pas appuyé sur le bouton adéquat. Mais avant cela, il doit faire une analyse adéquate afin de déterminer si oui ou non il faut procéder à une défibrillation pour secourir la victime.

Il s’agit d’un type de défibrillateur qui peut aussi être utilisé par le grand public. Son utilisation ne nécessite pas une formation particulière puisque les gestes à effectuer sont toujours indiqués sur l’appareil. Toutefois, pour l’utiliser, il faut faire preuve d’une certaine dextérité. Nous vous conseillons d’opter prioritairement pour le DEA et de ne recourir au DSA qu’en dernier recours.

En dehors des modèles classiques, il existe des défibrillateurs qui sont connectés ou intelligents. Le défibrillateur implantable est le modèle intelligent le plus connu. Celui-ci se présente sous la forme d’un stimulateur cardiaque destiné aux personnes présentant un risque élevé de troubles liés à leur rythme cardiaque.

Le défibrillateur implantable est conçu pour détecter automatiquement tout type de trouble cardiaque. Il est également programmé pour envoyer systématiquement une impulsion électrique afin de ramener le rythme cardiaque à la normale. Il existe également deux types de défibrillateurs implantables.

Le premier est connu sous le nom de DAI transveineux. Il s’implante sous la peau au niveau de la poitrine et se relie au muscle cardiaque à l’aide d’une sonde. Le second porte le nom de DAI-S sous-cutané. Il s’implante aussi sous la peau du côté gauche de la poitrine. Quant à la sonde, elle se place sous la peau à gauche du sternum.

S’agissant des défibrillateurs connectés, il faut dire qu’il s’agit d’une technologie plutôt récente. Elle se présente sous la forme d’un DEA conçu pour les usages à domicile. La différence majeure se situe au niveau de la connectivité qui facilite la maintenance et permet de s’assurer à tout moment que le dispositif fonctionne. Le défibrillateur connecté réalise régulièrement des autotests afin de vérifier son fonctionnement.

défibrillateur utilisation

Les gestes de premiers secours à connaître

Il existe un certain nombre de gestes de base que tout le monde doit connaître. Ces derniers ont rapport avec les situations suivantes :

  • l’étouffement,
  • le saignement,
  • l’inconscience,
  • l’arrêt cardiaque,
  • le malaise cardiaque.

L’étouffement survient généralement au cours d’un repas en compagnie d’autres personnes. Les gestes utiles en cas d’étouffement sont les claques dans le dos et les compressions abdominales. Deux techniques qui ne s’appliquent qu’aux adultes et aux enfants de plus d’un an.

Le saignement désigne le fait que le sang gicle ou coule de façon continue à partir d’une plaie. Il faut apprendre à exercer une pression suffisante pour l’arrêter, mais également savoir mettre en place un tampon relais.

S’agissant de l’inconscience, il faut s’assurer que la poitrine de la victime arrive à se soulever normalement. Si tel est le cas, alors il faut libérer ses voies aériennes et le mettre en position latérale de sécurité. Il faut donc apprendre à appliquer efficacement ces deux gestes.

Par contre, si la poitrine de la victime ne se soulève plus, alors il faudra conclure qu’il s’agit d’un arrêt cardiaque. Comme évoqué plus haut, il faut s’empresser d’utiliser un défibrillateur sur lui et appliquer le choc si celui-ci s’impose. Par la suite, vous pouvez pratiquer un massage cardiaque. Mais attention, si vous ne savez pas l’appliquer correctement, il est préférable d’attendre simplement les secours.

Concernant le malaise cardiaque, le bon réflexe à avoir est de poser des questions à la victime et alerter immédiatement le SAMU.

Pour finir, il faut dire que l’attitude générale avant d’appliquer l’un des gestes cités plus haut est d’abord de sécuriser la zone de l’incident et les personnes impliquées. Par la suite, il faut évaluer l’état de la victime et appeler rapidement les secours. Ce n’est qu’après tout cela, qu’il faut effectuer les différents gestes.