Dr Olivier Drevon, président du syndicat UNCPSY

En 2004, le drame de Pau a marqué un tournant dans la perception par les Français et les pouvoirs publics des maladies mentales. La peur a succédé à l’incompréhension, le patient est devenu un danger pour la Société. Le discours sur la protection des Français a occulté progressivement la nécessité d’agir pour la protection des patients, qui reste le vrai problème. Quelques faits divers spectaculaires ne doivent pas faire oublier la réalité : les criminels sont dans leur écrasante majorité des gens normaux.

Il y a cinq ans, les cliniques psychiatriques de France en tant qu’acteurs de santé, ont donc décidé d’engager un travail de sensibilisation en faveur de la santé mentale vers le grand public et les pouvoirs publics. Avec le soutien de leurs soignants, ces établissements s’engagent pour déstigmatiser les pathologies, changer le regard de la Société sur les patients, expliquer les soins, donner la parole aux associations, faire dialoguer les soignants du public et du privé…

Aujourd’hui, il est indispensable de faire évoluer le regard des pouvoirs publics sur la psychiatrie. Les récentes polémiques sur le vote à l’Assemblée nationale du projet de loi réformant l’hospitalisation d’office démontrent à quel point il est nécessaire d’envisager la prise en charge en psychiatrie dans son ensemble.

Le vote d’une grande loi sur la psychiatrie a été annoncé depuis plus d’un an par le Président de la République. A présent, la Ministre de la Santé affirme qu’un plan sur la santé mentale sera prêt à l’automne… Quelle que soit la forme d’action retenue, il est temps d’agir.

Le Ministère de la Santé doit ouvrir dès à présent un dialogue large et franc avec tous les acteurs de la Psychiatrie. Pour éviter  une réforme incomprise et rejetée par les soignants, les patients et les associations, il faut engager cette concertation essentielle.

Parmi les pistes de travail, il y a notamment l’adaptation des prises en charge avec la réalité des besoins des personnes. Les cliniques psychiatriques proposent ainsi de mettre en place avec les patients un suivi après leur hospitalisation complète, période en effet très sensible.

L’objectif de cette concertation n’est pas simple : changer le regard des pouvoirs publics sur la psychiatrie et faire ainsi évoluer sa manière d’agir.

Dr Olivier Drevon, Président de l’UNCPSY.

Publié le 1er avril 2011

Partager

Commentaires (1)

  1. le 13 septembre 2012 par Suwchyy

    Cathy dit :je suis longue e0 la de9tente ! je viens de de9couvrir seeunmlet aujourd’hui que mon de9fi n’a e9te9 re9alise9 que par aude !peut mieux faire !continuez bien votre pe9riplebisesles eperdussin

Publier un commentaire